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Carlinhos Brown

Carlinhos Brown

Carlinhos Brown

Origine : brésil
Territoire : europe sauf espagne & portugal

Mixant les mots avec des rythmes venus d'ailleurs et de partout, Carlinhos Brown compte aujourd'hui parmi les plus grands compositeurs de la nouvelle musique brésilienne. Chacun de ses concerts est un carnaval.


Biographie

Antonio Carlos Santos de Freitas est né à Candeal Pequeño, un petit quartier de la zone de Brotas, à Salvador de Bahia (Brésil). En 1967, il est encore enfant lorsque deux jeunes Bahianais âgés de 25 ans, Caetano Veloso et Gilberto Gil, lancent un mouvement qui transformera radicalement la musique brésilienne : le Tropicalisme.

Ses parents, Renato et Madalena, n'obtiendront pas qu'il apprenne bien un métier mais Osvaldo Alves da Silva, connu sous le nom de Maestro Pintado del Bongo, l'initiera à la riche tradition du folklore brésilien et à ses percussions : tambour, batterie et reco-reco. Il connaîtra bientôt tous les secrets des instruments de percussion que le Maestro Pintado savait jouer et saura développer un style personnel qu'il conserve toujours.

Au début des années 80, il commence à travailler avec les studios WR de Bahia, où il se familiarise avec les techniques d'enregistrement et de production discographique. En même temps, il entreprend un travail de collecte et de codification des rythmes et des percussions de la région de Bahia et adopte son premier hétéronyme : Carlinhos Brown. "Ça ne vient pas de James Brown comme les gens le croient", dit-il. "Je me suis inspiré de Box Brown, un noir qui a fui l'esclavage à l'intérieur d'une caisse. J'ai aussi essayé de prendre le meilleur, et non les erreurs, de H. Rap Brown, du mouvement des Panthères Noires".

En 1985, le Bahianais Luis Caldas enregistre Visâo do Cíclope, la première composition de Carlinhos Brown à devenir un tube radiophonique. A la fin de cette année, 26 de ses chansons tournent sur les ondes, ce qui lui vaut le Trophée Caymmi, le prix de musique le plus important de Salvador de Bahia. Une année plus tard, Caetano Veloso incorpore Carlinhos Brown à son groupe et en 1989, le disque Estrangeiro contient plusieurs compositions de Brown. Celui-ci effectuera son baptême international comme musicien à l'occasion des tournées de Joao Gilberto, Joao Bosco et Djavan. Son décollage commence.

En 1996, Carlinhos Brown publie Alfagamabetizado, son premier disque solo. Ses compositions sont reprises par les plus grands artistes: Caetano, Marisa Monte, Daniela Mercury et Paralamas do Sucesso au début ; Jovanotti, Simone, Angelique Kijdo, Maria Betânia, Cássia Elley et Gal Costa ensuite. Alfagamabetizado soulève l'enthousiasme de la critique et les concerts de Carlinhos Brown contribuent à cimenter son charisme par leur fusion spectaculaire et explosive de modernité et de tribalisme. En 1998, il publie Omelette Man, où il introduit un changement de style en utilisant le son axé, les arrangements de cordes et les paroles en anglais. Trois ans plus tard, Bahia do Mundo, Mito e Verdade complète la trilogie initiale dans une rencontre du Brésil et de l'Afrique, du rock et du jazz, du pop et de la musique contemporaine.

UN AGITATEUR MUSICAL ET SOCIAL
Avec ses trois premiers disques, Carlinhos Brown est resté fidèle à sa terre, à ses origines, à son Carnaval de Bahia. Ce n'est pas par hasard qu'il est devenu l'un des premiers musiciens à utiliser le timbau, un tambour jusque là réservé aux cérémonies religieuses. Il a également participé au lancement des tríos eléctricos, ces camions sonorisés qui parcourent les rues en transportant un orchestre qui joue en direct. Sa chanson Dandalunda s'est converti en succès populaire du Carnaval de cette année. Auparavant, en 1993, il avait sorti le premier de ses huit disques comme producteur avec Timbalada. Formé par des adolescents et des adultes du quartier de Candeal Pequeño, historiquement l'un des quartiers les plus pauvres de Salvador de Bahia, Timbalada est un groupe de percussionnistes qui naît du Carnaval. Quant à Lactomia, il s'agit d'un autre orchestre de percussion formé par Carlinhos Brown à Candeal, dont les membres, âgés de 7 à 23 ans, ne jouent qu'avec des instruments fabriqués par eux à partir de matériaux de recyclage.
Cet engagement musical de Carlinhos Brown a été intimement lié à un engagement social militant qui lui a valu, en novembre 2002, le Prix UNESCO dans la catégorie Jeunesse pour son travail à la tête de l'ONG Pracatum Açâo Social, qui œuvre auprès des enfants et des jeunes défavorisés de Candeal Pequeño. Pour Carlinhos Brown, l'Ecole de Musique Pracatum "est l'école de mes rêves, l'endroit où les personnes vont satisfaire leurs curiosités et en susciter d'autres". Cette école, entièrement gratuite, peut recevoir 200 élèves et dispose de bibliothèque, studio d'enregistrement et salle d'informatique. En février 2001, Pracatum, avec le soutien du gouvernement de Salvador de Bahia, a mis en marche le programme Tá Rebocao dont le slogan est de Carlinhos Brown : "Que o Brasil se órganize, que organize sua rua" (Que le Brésil s'organise, qu'il organise sa rue). Il s'agit d'un programme communautaire de développement qui vise à améliorer l'emploi, la santé, l'environnement et l'éducation.

Selon l'UNESCO, Carlinhos Brown "a changé la vie des habitants de Candeal Pequeño, un quartier humble de Salvador. L'ONG Pracatum, créée et coordonnée par Carlinhos Brown, à côté de son objectif central, l'École de Musique, a mené à bien des activités destinées à améliorer la qualité de vie de l'ensemble de Candeal".

Carlinhos Brown a également créé le Candyall Guetho Square, une salle de concerts pouvant accueillir 2500 personnes qui sert aussi de lieu de répétition pour Timbalada. Cet auditorium a été inauguré le 17 novembre 1996 et représente une source de revenus pour des centaines d'habitants de Candeal Pequeño. Et en même temps qu'il persistait dans son engagement en faveur de son pays, de sa ville et de son quartier, Carlinhos Brown a soigneusement préparé sa transformation artistique en Carlito Marrón.

CARLITO MARRÓN

Comme l'affirme le chanteur, "Carlinhos Brown est Carlito Marrón : le résultat d'un processus de relatinisation". "Salvador de Bahia est un carrefour du monde où ont abouti le trafic d'esclaves, l'invasion hollandaise et les Yorubas, Angolais, Ewes, Fon, Marrin, Abacua... à côté des Saxons, des Ibériques, des Libanais et des gens du monde entier".

Carlito Marrón est le deuxième hétéronyme choisi par ce Bahianais né au début des années 60. Il l'explique ainsi : "C'est une façon de parler aux gens de l'influence qu'ont eue sur moi la chanchada et les rumberos. J'ai des racines dans plusieurs régions du monde et j'avais envie de communiquer avec l'Espagne, avec les latinos, avec le monde". Pour cela Carlinhos Brown a même inventé le "portugnol", un mode d'expression basé sur un mélange de langues.

Les albums de  Carlinhos Brown illustrent son incroyable palette musicale et où se retrouvent le Brésil, Cuba, l'Afrique et l'Espagne dans une avalanche d'idées par ailleurs caractéristique du Bahianais.

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