Accueil Saison 2016/17 Le Bal perdu
Le Bal perdu

Le Bal perdu

Le Bal perdu

Divers : nouvel album en février 2017

Le p’tit bal perdu : qui ne la connaît, cette valse douce-amère chantée par Bourvil. C'est parti pour une heure de valses musettes fort bien ar­rangées pour quintet à vent et accordéon. 

* CHOC Classica 

Quelle merveille que l’album consacré à des classiques de la chanson française et à la musique dite « musette » par l’ensemble Art Sonic ! Boris Vian y côtoie Jo Privat, « La Javanaise » y flirte avec « La Flambée montalbanaise », Jean Constantin y salue Émile Carrara au sein d’arrangements soyeux et parfois malicieux qui n’ont rien à envier à ceux de Carla Bley. Notre souvenir de l’accordéon du dimanche matin y retrouve une vive jeunesse à trois temps et une nouvelle raison de se plonger dans ce qui fait notre mémoire collective.

* Le jazz français se porte à merveille, la preuve par 10 (albums) - Les Inrocks

Certains répertoires sont dangereux, on n’aborde pas les javas et javanaises de Boris Vian, Jo Privat, Gainsbourg et Bourvil sans prendre le risque de tomber dans une guinguette aux frites trop grasses, à l’accordéon rouillé et aux relents malsains de tabac brun et de mauvaise bière. Mais que l’Ensemble Art Sonic s’en empare et c’est tout l’inverse qui se produit : gracieux, légers, nostalgiques et populaires comme une animation de Paul Grimault, intelligents et brillamment orchestrés (aux flûtes et à la clarinette de Joce Mienniel et Sylvain Rifflet se mêlent basson, cor, hautbois et accordéon), ces airs retrouvent dans Le Bal perdu un charme neuf, à faire tourner les têtes.


Biographie

Le Bal perdu

On sait compter les temps d’une valse, Jacques Brel le faisait très bien. En général, on s’arrête à trois. Mais sans pour autant bâcler le travail, ni le faire en deux temps – trois mouvements, l’Ensemble Art Sonic propose à six, les dix-huit titres que voici. Trois temps, six musiciens, dix-huit titres. Le compte est bon !

Qu’on soit de Paname, de Nogent ou d’ailleurs, ces valses musettes-là, on les connaît sur le bout des pieds.

Après un premier album « Cinque Terre », composé de musique originale, picturale parfois et minimaliste dans l’ensemble, puis « L’Orchestre éphémère », nomenclature unique au monde (Art Sonic augmenté d’un clavecin, d’un célesta, d’une harpe, d’un Cristal Baschet et de percussions métalliques et aquatiques), les cinq soufflants du quintette revisitent avec humour et déhanché la nostalgie d’un temps qu’ils n’ont pas connu à travers un répertoire de valses et de ritournelles que toute personne vivant en France a entendu, connu et reconnu.
Et ce n’est pas parce que Art Sonic est un quintette à vent contemporain qu’il ne peut pas faire tourner les têtes et flamber les montalbanaises. Ce n’est pas parce que Didier Ithursarry, invité sur cet album, déplie son accordéon dans des contextes plus aventureux, qu’il ne peut pas prétendre ici assumer l’héritage de Gus Viseur, Jo Privat et de tous les pianistes à bretelles de l’hexagone.

D’ailleurs, que trouve-t-on vraiment dans ce disque ? Outre ces grands compositeurs de musique populaire que sont Privat, Viseur, Louis Ferrari ou Emile Carrara, on peut tout aussi bien pointer les compositions de Serge Gainsbourg, Django Reinhardt, Marc Perrone, Aldo Romano, Bourvil ou Boris Vian. La figure centrale de Jo Privat a été le déclencheur du projet pour le flûtiste Joce Mienniel. Il s’est penché sur ses valses, ses javas en proposant des arrangements suffisamment solides pour être interprétés au basson, au cor ou au hautbois. Le clarinettiste Sylvain Rifflet et le corniste Baptiste Germser ont également proposé quelques arrangements de leur plume. De tout ce travail, découle la création d’un nouveau matériau musical qui, de par l’orchestration choisie, donne ses lettres de noblesse à cette musique de bal populaire.

Que ces chansons éternelles servent de trame au répertoire du nouveau disque d’Art Sonic ne choquera personne, comme écouter la finesse des arrangements aériens – ici, tous les instruments respirent - ou apprécier la tension décontractée qui tient l’édifice. Et c’est aussi rendre justice à ces compositeurs d’antan que de magnifier leurs chansons.
La valse qui constituent l’essence même de la musique « française » aux yeux du reste du monde, est construite dans la musette généralement en trois parties : un thème (comptez 32 mesures en moyenne), un pont (mettez-y 16 mesures) et un trio (souvent majeur et lumineux). Le thème, c’est ce que tout le monde chante. Le pont, c’est quand l’accordéoniste joue vite et d’une manière acrobatique. Et le trio, c’est le moment de l’enchantement sur la piste de danse. Alors, ces chansons, Joce Mienniel et Sylvain Rifflet, les ont choisis pour toutes ces raisons. Lentes ou rapides, gaies ou tristes, mais toujours belles et nostalgiques.

François Billard et Didier Roussin disait des valses de Jo Privat qu’elles étaient « d’une grande richesse harmonique et nées d’un métissage des accords traditionnels de la valse musette et de la musique tzigane, science transmise par les guitaristes rabouins de l’époque. Exigeant une grande technique, elles présentent pourtant un caractère de totale évidence aux oreilles d’un non-initié. Leur complexité ne nuit en rien à la danse, pas davantage à l’expression mélodique. Ce sont les valses les plus poétiques du genre. » Et c’est vrai que chez Jo Privat, l’inspiration est grande. Il n’y a qu’à écouter ses formes-Trios pour y déceler une élégance rare.

Il n’est pas perdu pour tout le monde, ce petit Bal. 

Audio

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Projets

LE BAL PERDU
Joce Mienniel : Flûte / Piccolo / Flûte alto
Sylvain Rifflet : Clarinette / Clarinette basse
Cédric Chatelain: Hautbois / Cor anglais
Baptiste Germser : Cor
Sophie Bernado : Basson
Didier Ithurssary: Accordéon


Galerie

Le Bal perdu
CréditsAgence Oui