Accueil Saison 2016/17 Steve Coleman
Steve Coleman

Steve Coleman

Steve Coleman

Origine : USA

Considéré comme un des musiciens les plus influents de sa génération, Steve Coleman a, depuis les débuts de sa carrière, suivi sa propre voie, refusant les étiquettes de styles et de genre.
Co-fondateur au milieu des années 1980 du mouvement M-BASE, sa conception de l'harmonie, son travail sur les métriques impaires et les cycles rythmiques, ainsi que son intégration du funk et du hip hop ont influencé un grand nombre de groupes actuels et fait de lui un musicien incontournable.

 


Biographie

Steve Coleman, infatigable, apprend, étudie, observe …Le comportement des abeilles, l’égyptologie, le symbolisme, les mathématiques ... Il côtoie des philosophes, des maîtres yogis, découvre la vie quotidienne à Java où il réside une partie de l’année, interroge Anthony Braxton, Von Freeman et Sonny Rollins qu’il a officiellement sollicité pour une interview. Il étudie sans relâche le langage de Charlie Parker, la vie d’Art Tatum. Il est également à l’écoute des jeunes musiciens ; à New York où il organise des workshops à la Jazz Gallery, mais aussi à Cuba, au Ghana, en Inde, en Egypte et dans chaque parcelle des mondes qu’il parcours …

Aujourd’hui, c’est au Brésil qu’il a décidé de poser pour quelque temps ses bagages. Il y a emmené Magic Malik dont il sait qu’il apporte à sa musique un supplément d’âme essentiel, mais aussi Sarah Murcia, la contrebassiste de son groupe . Nelson Veras, un des secrets les mieux gardés du monde de la musique, guitariste aux inépuisables ressources sera aussi du voyage. Steve Coleman le rencontre à Paris lors d’un concert de Malik, il ne lui manifeste alors pas d’intérêt particulier. Pourtant un an plus tard, il retrouvera sa trace et lui proposera d’enregistrer « Weaving Symbolics » avec lui, preuve si elle était nécessaire que l’homme a de la suite dans les idées.

Depuis le début de son formidable parcours, Steve Coleman a cherché sans relâche à apprendre des autres, du monde, de la nature et à transmettre ce savoir, partager ses découvertes, ses interrogations. Bien avant d’imaginer même que leurs chemins se rencontreraient , ses invités s’étaient penchés, chacun à sa manière, sur la musique du saxophoniste de Chicago. On verra dans le fait qu’il fasse aujourd’hui appel à eux pour régénérer sa musique un juste retour des choses dans la logique d’un homme pour qui l’existence est circulation d’idées et d’énergie.

Durant la semaine qui précède l’enregistrement, les répétitions seront intenses, chacun aura son moment de « Bug », confronté à des systèmes rythmiques et harmoniques d’une extraordinaire complexité. Pendant ces séances de travail, on découvrira, grâce à l’ordinateur de Steve, le son du monde, le bruit des planètes en rotation autour de la terre et une foule d’autres mystères qui le passionnent et qu’il aime à partager.

Le premier jour, les choses se passent de façon assez chaotique et imprévisible. Intéressant en effet d’imaginer la première rencontre de musiciens américains et français avec trois jeunes brésiliens ,de dix-huit à vingt-six ans, ne parlant pas un mot d’anglais et lisant la musique avec difficulté. Malgré une demande pourtant insistante, Coleman ne fournira pas de musique en amont. Chacun arrive donc dans une atmosphère d’attente , ne sachant en rien ce qui va lui être demandé, conscient cependant de la difficulté d’appréhender le langage du saxophoniste.Peu à peu, il leur soumet quelques bribes de compositions, quelques idées, observe leurs réactions, mais à la veille de l’entrée en studio, les musiciens n’auront qu’une idée très vague de ce qu’ils vont réellement enregistrer. Parfois, au cours de sessions de studio, Coleman disparaît dans sa chambre pour composer.Il soumet le fruit de son travail quelques heures plus tard à ses partenaires quelque peu inquiets et décontenancés. La matière, cependant,se crée, chacun s’isole pour déchiffrer et comprendre et tous se rassembleront plus tard pour partager le fruit de leurs recherches.

Sous l’œil intéressé du compositeur, la musique prend forme peu à peu et de la confusion première émergent un son collectif et une lecture inattendue des idées originelles.

Infatigable, le saxophoniste observe, prend note, se nourrit du regard des autres, de leur son et de leur histoire. Dans l’interview filmée-un document brut et conçu comme tel- qui accompagne ce double CD, il dira « Jeff Watts avec lequel nous avons enregistré ,pour ce nouveau disque, quelques pièces en trio en compagnie du contrebassiste Eric Revis , a une connaissance de la tradition que n’a pas Malik. À L’inverse, Malik a une conception de la musique qui est totalement étrangère à Jeff Watts. C’est cela qui m’intéresse. Lorsque j’ai proposé à Nelson, Malik et Sarah de participer à ce projet, son contenu en était encore très flou, j’avais écrit quelques esquisses mais rien n’était réellement composé. »

Si Coleman laisse l’intuition diriger certains de ses choix, il a sur sa musique une profonde réflexion qui va, pour cet album en particulier, jusqu’à l’ordonnance d’une suite où les pièces se répondent de façon symétrique et les compositions font référence aux mathématiques, à l’astrologie et aussi à la numérologie. « Rien de nouveau… On trouve cela chez Bach , Schoenberg.J’ai travaillé sur la numérologie dans la musique de Coltrane,il y a beaucoup à dire… »

Les techniques de composition de Steve Coleman sont inspirées pour la plupart de celles des compositeurs « classiques » :idées mélodiques en miroir, ou inversées, travail sur les intervalles, fugues etc.

Pourtant, le saxophoniste avoue créer de la musique qui n’est pas destinée à être comprise mais plutôt à être ressentie …

Dans une remarquable séquence filmée d’une quinzaine de minutes, le saxophoniste rend ouvertement hommage à Charlie Parker en duo avec l’impressionnant batteur Marcus Gilmore (19 ans), petit-fils de Roy Haynes. Il nous donne ici toute la mesure de l’étonnant mélange de sophistication et d’énergie sauvage, de maîtrise et de lacher-prise qui caractérisent l’approche de ce musicien singulier. À plusieurs reprises, Coleman scatte, chante et se joue de la musique avec la force d’un boxeur , la vivacité et l’habileté d’un jongleur.

L’écoute de ce nouvel opus, comme la découverte du document filmé et l’observation de ses méthodes de travail confirment l’incroyable vitalité qu’insuffle Steve Coleman à la musique d’aujourd’hui. En outre on remarque chez lui une étonnante cohabitation du savoir et d’une touchante naïveté. Il ne fait aucun doute qu’il partage cette qualité avec les chercheurs de tout poil ; ceux qui maîtrisent une foule de données pour bâtir leur recherche, et qui doivent aussi témoigner d’une ouverture d’esprit suffisante pour être disponible à recevoir et concevoir de nouvelles idées, voire à remettre en cause celles qu’ils croyaient acquises.

Nouvelle aventure en territoire inconnu « Weaving Symbolics » propose une musique qui a la rare et audacieuse ambition d’héberger sous le même toit la réflexion et l’intuition, l’écriture et l’improvisation, les mathématiques et la poésie, l’énonçable et l’indicible

Audio

Projets

Steve Coleman Reflex en mars/avril 2017
Steve Coleman, alto saxophone
Anthony Tidd, bass
Sean Rickman, drums 

Steve Coleman five elements à l'automne 2017
Steve Coleman, alto saxophone
Jonathan Finlayson, trumpet
Anthony Tidd, bass
Sean Rickman, drums

Galerie

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CréditsAgence Oui