Accueil Saison 2017/18 Omar Sosa Quarteto AfroCubano
Omar Sosa Quarteto AfroCubano

Omar Sosa Quarteto AfroCubano

Omar Sosa Quarteto AfroCubano

Origine : Cuba
Divers : album " Ilé " en mars 2015 chez World Village

Entre jazz et musiques du grand sud, le pianiste cubain est l'un des sorciers les plus éclectiques du village global. Dérivé de la langue yoruba d'Afrique, le nom de son nouvel opus est un clin d'oeil à la culture de son île natale ; la musique est au diapason : ballades et pièces au groove subtil, baignées dans une afro-cubanité enrichie d'un zeste d'électronique... Aussi à l'aise au Fender Rhodes que devant son piano à queue, Omar Sosa trône, telle une sentinelle de continents musicaux qui s'entrechoquent.

" Omar Sosa s'impose à la fois comme le grand réformateur de la musique afro- caribéenne contemporaine mais au-delà, comme l'un des musiciens les plus emblématiques de ce métissage qui bouleverse de fond en comble le paysage musical mondial. "

Ses concerts sont des Instants de Grâce. Plus qu'un concert, une cérémonie symphonique colorée, joyeuse et festive."


Biographie

Digne représentant du jazz afro-cubain, Omar Sosa nous entraîne bien au-delà et sa musique tend à l'universel. Son champ de recherche est extrêmement ouvert et il pousse ses musiciens et le public vers des explorations renouvelées. Mais jamais il n'oublie ses sources et ses rencontres. Si certains morceaux ont une tonalité africaine, il peut très bien conclure un autre titre où interviennent des boucles et le son du Fender, par une longue citation d'un danzon traditionnel au piano. Le mélange ne doit rien au hasard, le propos est juste et précis et le résultat envoûtant. Omar Sosa est un passeur, il incorpore dans son jazz afro-cubain des éléments de musiques africaines et latino-américaines, et si l'on écoute bien on entend bien d'autres musiques encore. Sa conception du monde est fraternelle et cela s'entend.

Le concert commence comme une cérémonie religieuse, Omar Sosa entre seul, bénit ou chasse les mauvais esprits autour du clavier à l'aide d'un fouet symbolique, dépose, comme à son habitude une bougie sur le piano; sur une nappe sonore préenregistrée, comme un fond de rumeur, le pianiste joue, ou dépose, quelques notes, un air simple, très lent, mais qui semble chargé de sens ; les musiciens entrent les uns après les autres et leurs cantillations ajoutent encore au caractère cérémoniel de cette entrée en matière.

Puis la musique se forme, les rythmes évoluent et s'accélèrent, on ne sait plus trop s'il s'agit d'un seul morceau ou de plusieurs qui s'enchaînent, nous sommes emportés par une vague musicale qui nous subjugue et nous dépose une demi-heure plus tard sur une grève inconnue.

Puis le concert reprend. Les interruptions seront rares et brèves, présentation des musiciens et un hommage à Miles Davis avant et après le morceau qui lui est dédié.

Pour le reste, de la musique, de la musique qui transmet des émotions positives, beaucoup de musique, une musique chaleureuse, une musique qui dit l'amitié et le bonheur d'être ensemble, une effusion de grâces. Omar Sosa chante le rapprochement entre les hommes et l'échange, et le public l'entend bien de cette oreille qui lui fait une ovation au final.

Omar Sosa est un musicien dont l'instrument au-delà du piano est le "Quarteto Afrocubano" tant les musiciens mettent tous leurs talents à servir sa musique. Tous sont à citer, Childo Tomas à la basse électrique et à la voix, Leandro Saint Hill, saxophones, alto et soprano, flûte et voix. Le piano et la batterie d'Ernesto Simpson, exceptionnel, forment une transversale; les deux musiciens jouent face à face, se regardent, s'appellent, se relancent et se répondent construisant et modifiant en permanence l'armature mélodique, harmonique et rythmique de l'ensemble. Fabuleux!

Michel Mathais
Jazz – Rhones Alpes - n° 479 – lundi 10 février / "Omar Sosa Quarteto Afrocubano" aux Jazzeries d'Hiver

 

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Omar Sosa Quarteto AfroCubano
CréditsAgence Oui