Accueil Saison 2017/18 John Abercrombie
John Abercrombie

John Abercrombie

John Abercrombie

Origine : USA
Divers : nouvel album Up and Coming chez ECM

Le guitariste John Abercrombie revient ici avec le second album de son quartet composé du pianiste Marc Copland, et de ses fidèles partenaires rythmiques que sont Drew Gress et Joey Baron. Rendant compte de 39 Steps, l’album que le groupe a fait paraître en 2013, le Financial Times a écrit : “L’accent est mis sur la subtilité des échanges, la fluidité lyrique et l’interaction entre la guitare chaleureuse et magnifiquement articulée du leader et le piano de Copland… de leur côté le contrebassiste Drew Gress et le batteur Joey Baron s’imposent comme la paire rythmique idéale, à la fois constamment intense et d’une grande souplesse.” On retrouve dans Up and Coming les mêmes qualités de lyrisme mélodique et de subtilité harmonique et rythmique, mais peut-être comme amplifiées encore par la qualité constante des morceaux. Le phrasé liquide d’Abercrombie ainsi que l’incandescence de sa sonorité animent les cinq pièces originales de sa composition ainsi que les deux thèmes écrits par Copland, tout autant que la reprise du grand classique de Miles Davis “Nardis” interprété dans un esprit proche de Bill Evans.


Biographie

Le quartet de John Abercrombie s’est imposé ces dernières années tout à la fois comme un véritable groupe de jazz au swing subtil et raffiné mais également une formation particulièrement aventureuse au répertoire étonnamment vaste allant des standards à des thèmes relevant d’une sensibilité proche de la musique de chambre improvisée.

Quoique très consciemment ancré dans la tradition jazz, à travers notamment les compositions de John, le groupe semble en effet très souvent sur le point de s’en émanciper totalement. Abercrombie, qui s’est lui-même décrit comme « un musicien free inspiré par Ornette Coleman » et un instrumentiste principalement occupé à développer le langage harmonique de la guitare jazz, est à l’image de son groupe : une sorte de traditionaliste aux idées d’avant-garde.
Il est aujourd’hui salué comme « le guitariste de jazz le plus important de notre époque » (All About Jazz), et se voit particulièrement respecté par ses pairs. Jim Hall, qui fut l’une des influences les plus décisives d’Abercrombie lors de ses années de formation, ne tarit pas d’éloge : « John est unique en ce qu’il s’autorise d’évoluer et de changer constamment… J’aime son jeu parce qu’il est toujours surprenant. »
Son contemporain John Scofield tient à peu près le même discours : « Toute personne avec un peu d’oreille peut juger de la merveilleuse intégrité de ses improvisations et de sa maîtrise extraordinaire de cet instrument particulier qu’est la guitare électrique.

Enregistré à New York en décembre 2008 sous la direction artistique de Manfred Eicher dans les locaux du prestigieux Avatar Studio, « Wait Till You See Her » présente en plus du titre éponyme signé Rodgers & Hart (extrait d’une comédie musicale de 1942 « By Jupiter ») un choix de nouvelles compositions d’Abercrombie qui fournissent à la formation matière à d’intenses improvisations collectives.

La formule de ce quartet constitue la base principale du travail d’Abercrombie depuis une dizaine d’années maintenant — au point de s’imposer d’ores et déjà comme la formation régulière du guitariste la plus durable de sa carrière. « Wait Till You See Her » fait suite à « Cat’n’Mouse » (2000), « Class Trip » (2003) et « The Third Quartet » (2006).
Mais c’est pourtant un autre disque paru en 1998 qui se trouve aux racines de ce nouveau projet : « Open Land », à l’origine de l’association entre le guitariste et le violoniste Mark Feldman. « Avec Feldman j’ai parfois l’impression d’avoir une section entière de cordes derrière moi », a confié un joue Abercrombie au journaliste Paul Olson. « Il se saisit du moindre morceau pour improviser derrière moi, jouant en double corde ou au contraire apportant de petits commentaires, si bien qu’il fait office à lui seul d’un véritable petit orchestre. Il entraîne mon jeu dans des directions singulières… J’étais en quête d’une formation qui aurait une large gamme de jeu et qui saurait s’engager dans des zones d’improvisation radicales… Quand on improvise de manière très libre en faisant en sorte de jouer autour de ces zones en d’incessants allers-retours, je trouve que notre musique sonne comme de la musique de chambre. Avec cet alliage du violon, de la guitare et de la contrebasse c’est à une sorte de musique classique du 20e siècle que nous aboutissons, à quelque chose qui jusqu’à maintenant n’a pas vraiment de nom. »
Dans les sections improvisées de ce nouveau disque, l’interaction habituelle entre Abercrombie, Feldman et Baron est comme revivifiée par les nouvelles perspectives que donne à l’orchestre l’apport décisif d’un remarquable jeune contrebassiste du nom de Thomas Morgan dont la virtuosité et la musicalité exceptionnelles ont déjà fait les beaux jours de musiciens comme Steve Coleman, Paul Motian ou Masubumi Kikuchi. A 28 ans,  « Wait Till You See Her » est son premier enregistrement pour ECM.

Mark Feldman a déjà enregistré de nombreux disques pour ECM parmi lesquels sous son propre nom « What Exit » paru en 2005 et « Abaton » co-signé avec la pianiste Sylvie Courvoisier. Sideman infatigable et énormément sollicité, il a joué dans tous les contextes, de Lee Konitz à Pharoah Sanders. En dehors du jazz, il a composé des pièces pour le Kronos Quartet, joué en tant que soliste en compagnie du Netherlands Radio Symphony Orchestra et lorsqu’il vivait à Nashville a accompagné toutes les plus grandes stars de la Country parmi lesquelles Loretta Lynn, Willie Nelson et Johnny Cash.

En plus de sa collaboration au long cours avec Abercrombie, le batteur Joey Baron a travaillé avec ECM sur des albums de Steve Kuhn (dont le merveilleux « Mostly Coltrane » tout juste paru), Bill Frisell (« Lookout for Hope »), Marc Johnson (« Shades of Jade ») ou encore John Taylor (« Rosslyn »). Baron au cours de sa carrière a joué avec tous les plus grands musiciens — de John Zorn à Dave Douglas en passant par Misha Mengelberg. Il est également leader de plusieurs formations parmi lesquelles le Down Home Band (avec Arthur Blythe, Ron Carter et Bill Frisell).
John Abercrombie de son côté apparaît sur plus de 40 albums ECM dont 26 en tant que leader ou co-leader. Après un tout premier disque pour le label en 1973 en tant que sideman de Dave Liebman, Abercrombie convié à enregistrer en leader dés l’année suivante signa pour son coup d’essai le bien nommé « Timeless » considéré désormais comme l’un des chef-d’œuvres de la première décennie de l’histoire d’ECM. En compagnie de Dave Holland et Jack DeJohnette il co-fonde en 1975 le groupe Gateway et durant cette même période devient par ailleurs membre du quartet d’Enrico Rava. En 1976 il crée un duo avec son confrère guitariste Ralph Towner. Au fil des années le guitariste s’est retrouvé à la tête de quatre formations majeures : un quartet avec le pianiste Richie Beirach, le contrebassiste George Mraz et le batteur Peter Donald ; un trio avec Marc Johnson et Peter Erskine ; un autre trio (l’ « organ trio ») avec Dan Wall et Adam Nussbaum ; et enfin ce quartet. Abercrombie renoue par ailleurs actuellement une association féconde avec le saxophoniste John Surman — on le trouve sur le nouvel album ECM du saxophoniste britannique « Berwster’s Rooster » et il a joué dans la formation de Surman lors de sa tournée américaine).

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Projets

John Abercrombie quartet - tournée juillet et novembre 2017
John Abercrombie, guitar / Marc Copland, piano / Drew Gress, bass / Joey Baron, drums 

Galerie

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CréditsAgence Oui